Vétérans, anciens résistants et acteurs du 6 juin 1944

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Bernard DUVAL, un adolescent sous l’occupation

 

Bernard Duval est né à Caen (Calvados) le 19 mai 1925. Ses parents habitent rue du Magasin à Poudre à Caen. Même s’il aurait aimé poursuivre des études plus longtemps, il quitte l’école à l’âge de 14 ans, à l’été 1939 et entre dans la vie active en septembre suivant au moment où la guerre éclate.

L’engagement

Son premier acte « officiel » de résistance a lieu en octobre 1941 au profit du réseau Hector. Jeune ouvrier menuisier, il doit poser des portes de cellules au sein de la maison d’arrêt de Caen et profite de cette introduction dans le milieu carcéral pour passer des lettres au responsable local du réseau, André Michel, peintre décorateur de son quartier, qui a été arrêté quelques semaines auparavant. Ce dernier sera fusillé en mai 1942.

 

Bernard Duval entre véritablement dans la Résistance par l’intermédiaire de son camarade de classe Bernard Boulot en janvier 1942. Ce dernier préparant un CAP de tourneur sur métaux a été en contact avec des étudiants membres du mouvement Front National. Tous les deux accomplissent des missions de renseignement qui consistent en des relevés de positions sur la côte et sur les fortifications du mur de l’Atlantique. En raison de leur jeune âge, on ne se méfie pas d’eux. Mais en janvier 1944, un des membres du petit groupe dérobe des papiers importants au bureau du mouvement de collaboration, le RNP. S’en suit une vague d’arrestations conduites par la Gestapo.

Bernard Duval est arrêté le 10 mars 1944. Malgré un interrogatoire musclé, il ne parle pas. Il est enfermé dans la cellule 27 de la maison d’arrêt de Caen. On lui promet une exécution sommaire. Un aumônier de la Wehrmacht vient même lui donner la communion.

L’arrestation, l’internement puis la déportation

Il quitte la maison d’arrêt de Caen le 20 mai 1944 soit plus d’une quinzaine de jours avant le massacre de plusieurs dizaines de résistants par la Gestapo aux ordres d’Henrich Meier. Paradoxalement, sa déportation lui sauve la vie en lui évitant d’être une des victimes. Il est envoyé au camp d’internement de Royallieu. Le 4 juin, il quitte ce camp pour une destination inconnue.

Deux jours plus tard, le 6 juin, alors qu’il est enfermé dans un wagon en gare de Francfort-sur-le-Main, il apprend par un conducteur STO d’une locomotive voisine que les Alliés ont débarqué en Normandie. Il est à la fois heureux car cette nouvelle apporte un vif espoir et inquiet pour ses proches, ce débarquement ayant lieu dans sa région natale.

Il est envoyé au camp de Neuengamme puis est transféré à Sachsenhausen, au kommando de Falkensee. Il y connaît l’enfer de l’univers concentrationnaire nazi. Son amitié avec son camarade Bernard Boulot, déporté avec lui, lui permet de surmonter des moments difficiles. Il est libéré le 26 avril 1945 par l’Armée Rouge. Il réussit à rejoindre Paris, transite par l’hôtel Lutetia avant de retrouver sa famille à Caen.

L’après-guerre

Le retour est difficile. Lorsqu’il rentre en Normandie cela fait plus de neuf mois que la région a été libérée. La population n’est pas à l’écoute. Elle souhaite désormais parler d’autre chose que la guerre. De plus, son environnement familial a changé. La maison de ses parents, rue du magasin à poudre a été détruite par les bombardements. Ils vivent désormais dans une petite maison à Mondeville.

Après avoir mis près de six mois avant de retrouver une santé lui permettant de travailler de nouveau, il reprend sa place dans la menuiserie. En avril 1946, il décide de se rendre à Paris pour travailler dans l’aéronautique. Pendant près de cinq ans, il prend des cours du soir pour arriver à ses fins et pouvoir obtenir une place de dessinateur industriel.

Il se marie en juillet 1948 puis en 1951 suit ses beaux-parents et part travailler à Dakar au Sénégal jusqu’en 1964. Il revient ensuite en France et travaille jusqu’à sa retraite en 1980 chez Elf France à Paris.

Installé en Normandie, il témoigne régulièrement dans de nombreux établissements de la région notamment dans le cadre de la préparation du concours de la Résistance et de la Déportation.

Bernard Duval a publié ses mémoires en octobre 2007 dans un ouvrage intitulé Une jeunesse volée, j’avais 19 ans en 1944 aux éditions Orep.

Décorations :
- Chevalier de la Légion d’honneur
- Croix du combattant volontaire de la Résistance
- Croix du combattant
- Médaille de la déportation et de l’internement pour faits de Résistance


Bernard Duval was born in Caen (Calvados) in May 19th, 1925. His parents lived “rue du Magasin à Poudre” in Caen. Although he would have liked to pursue longer studies, he left school at the age of 14, in the summer of 1939 and began working in September when the war broke out.

His first "official" act of resistance took place in October 1941 in favor of the Hector network. Young carpenter, he had to install cell doors in the prison of Caen and took advantage of this introduction into the prison to pass letters to the local network manager, André Michel, painter in his neighborhood, who was arrested a few weeks ago. André was shot in May 1942.

Bernard Duval really came in the Resistance through his classmate Bernard Work in January 1942. Bernard prepared a metal turner CAP and was in contact with members of the student movement National Front. Both perform intelligence missions that consist of statements of positions on the coast and on the fortifications of the Atlantic Wall. Because of their young age, nobody distrusted them. But in January 1944, a member of the small group stole important papers in the office of the collaboration movement, the RNP. A wave of arrests carried out by the Gestapo followed.

Bernard Duval was arrested on March 10th, 1944. Despite aggressive questioning, he did not speak. He was jailed in the cell 27 of the prison of Caen. He was promised a summary execution. A chaplain of the Wehrmacht even came to give him the communion.

He left the prison of Caen May 20th, 1944, several days before the massacre of dozens of members of the resistance by the Gestapo, ordered by Heinrich Meier. Paradoxically, his deportation saved his life by avoiding him of being one of the victim. He was sent to an internment camp at Royallieu. On June 4th, he left the camp to an unknown destination.

Two days later, on June 6th, while he was locked up in a station wagon in Frankfurt am Main, he learned from a STO driver of a nearby locomotive that the Allies landed in Normandy. He was both happy, because this brought a bright new hope and concerned for his family, the Landing taking place in his hometown.

He was sent to the Neuengamme camp and then transferred to Sachsenhausen, the commando Falkensee. He lived the hell of Nazi concentration camps. His friendship with his friend Bernard Boulot, deported with him, allowed him to overcome difficult times. He was released on April 26th, 1945 by the Red Army. He reached Paris, passed by the Hotel Lutetia before returning to his family in Caen.

The journey home was difficult. When he returned to Normandy, it was more than nine months since the Liberation. The population didn’t listen, they wanted to talk about something else than war. In addition, the home environment had changed. The home of his parents, “rue du Magasin à Poudre” was destroyed by bombing. They had to live in a small house in Mondeville.

After nearly six months before being healthy enough to work again, he took his place back in the carpentry. In April 1946, he decided to go to Paris to work in the aerospace industry. For nearly five years, he took night classes to get his way and get a place as an industrial designer.

He married in July 1948 and in 1951 followed her parents and went to work in Dakar, Senegal until 1964. He then returned to France and worked until his retirement in 1980 at Elf France in Paris.

Located in Normandy, he appears regularly in many establishments of the region, especially in the context of the preparation of the support of the Resistance and Deportation institutions.

Bernard Duval published his memoirs in October 2007 in a book entitled ’Une jeunesse volée, j’avais 19 ans en 1944’ by Editions Orep.

Medals :
Knight of the National Order of the Legion of Honour
Cross of the Volunteer Combatant of the Resistance
Cross of the Combattant
Medal of deportation and detention for acts of resistance