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Bud HANNAM, un vétéran canadien du Jour J

 

Son enfance, sa jeunesse

Bud HANNAM est né à Toronto, Ontario, le 27 janvier 1925.
Son père, un soldat de 1914-1918
Ses parents viennent tous les deux d’Angleterre. Son père, pour moitié irlandais, l’autre moitié anglaise, a émigré au Canada en 1912. En 1914, il a 16 ans quand il s’engage dans l’armée pour participer à la Première Guerre Mondiale. A Ypres, en Belgique, il est blessé, gazé et finalement il est fait prisonnier. Après quatre tentatives infructueuses, il parvient la cinquième fois à s’évader d’un camp de prisonniers en Allemagne. Parvenu en Hollande, il est à nouveau fait prisonnier et le restera jusqu’à la fin de la guerre.
Quand celle-ci s’achève, il est libéré et se rend en Angleterre où il rencontre sa future femme. Ils se marient et rentrent au Canada où ils s’installent à Toronto.
C’est là que naît Bud dont l’enfance se passe entre Toronto, l’Angleterre et Montréal.
Finalement la famille se fixe à Ottawa.

 

La vie est très dure pour la famille Hannam car le père, devenu prospecteur, est très souvent absent pour de longues périodes et la maman doit faire vivre la famille comme elle peut. Cette situation est aggravée par la Grande Dépression de 1929. Bud vit donc dans une famille très pauvre.
Très jeune, Bud doit travailler pour aider les siens à survivre : il dégage la neige en hiver, tond les pelouses, livre les télégrammes, les commissions d’épicerie et divers papiers.
En 1939, Bud a 14 ans quand la guerre est déclarée.
En 1941, comme son père qui, dès lors, ne peut s’y opposer, Bud, mentant sur son âge, s’engage à l’âge de 16 ans dans l’armée canadienne. 3 semaines plus tard, il traverse l’Atlantique et arrive en Angleterre où il passe la plupart de son temps à s’entraîner pour devenir un soldat efficace.

Le 6 juin 1944 à Bernières-sur-Mer

Il passe alors son temps libre à étudier pour rattraper sa scolarité interrompue par son engagement. Il obtient finalement l’équivalent d’un DEUG à l’Université.
Le 6 juin 1944, il débarque à Bernières sur Mer avec la seconde vague d’assaut, comme infirmier. Il s’installe à Basly, dans l’ancienne école devenue hôpital de campagne. Il y servira pendant 52 jours. De ce séjour, il conservera le souvenir terrible et jamais cicatrisé d’Emilienne Bazin, victime civile du village, mitraillée par un avion allemand le 14 juillet 1944, petite fille de 13 ans morte dans ses bras.
Après la rupture du front, Bud se dirige vers Falaise quand une explosion le blesse au bras et aux oreilles.
En convalescence Bud accompagne l’armée canadienne jusqu’en Belgique. C’est là qu’il rencontre sa future femme Maria.
Une fois guéri, il rejoint les forces canadiennes sur le front lors de la campagne de l’Escaut. Puis ce sera Nimègues en Hollande.
Il passe l’hiver 44 avec les troupes canadiennes à reprendre des forces avant l’attaque finale sur l’Allemagne.
En février 1945, l’attaque finale commence. Bud traverse le Rhin, entre en Allemagne. Il se trouve finalement dans le Nord-Ouest de la Hollande lors de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, le 8 mai 1945.

Une vie au service de l’armée canadienne

Il reste en Europe après la guerre, et il se marie avec Maria le 2 février 1946. Il repart ensuite sans sa femme au Canada. Durant l’été 1946, elle le rejoint à Ottawa.
Tous deux fondent un foyer et une famille de deux garçons, Bill et Bob.
En 1956, Bud et sa famille se rendent en Europe où il rejoint les forces de l’OTAN.
En 1958, ils reviennent au Canada où il est posté à Cobourg en Ontario. A cette époque, il poursuit des études pour devenir Analyste en Administration. C’est à ce poste qu’il est engagé dans l’armée.
En 1968, Bud prend sa retraite militaire et il rejoint, pour le même poste, le Service Public du Canada.
En 1980 Bud finit sa carrière pour le gouvernement canadien et il travaille deux ans de plus comme consultant privé dans une compagnie.
En 1982, Bud prend définitivement sa retraite. Il décide avec sa femme de passer le reste de leur vie à voyager, visiter la famille et les amis.
En 2001, sa femme adorée meurt. Elle avait 79 ans. Ils ont été mariés 55 ans.
En 2009, la vie offre un second cadeau à Bud. Il rencontre Rosy, sa future femme.
Ils se fiancent en 2010.

Un second mariage en Normandie à Basly

Se rendant en Normandie la même année, Bud va être honoré par l’association Westlake Brothers Souvenir et la maire de Basly, pour ce qu’il a accompli pour nous tous durant la Seconde Guerre Mondiale. Il donne son nom à l’école de Basly, devenue bibliothèque, cette même école transformée en hôpital de campagne dans laquelle il servit 52 jours.
Le 30 juin 2010, revenu au Canada, Bud et Rosy se marient à Ottawa.
Le 30 octobre 2010, il reviennent à Basly en Normandie et, à l’initiative de l’association Westlake Brothers Souvenir et du maire de Basly, ils se marient religieusement dans l’église de Basly.

Le 26 octobre 2013, Bud et Rosy reviennent en Normandie pour renouveler leur vœux, toujours à Basly, toujours dans l’église qui les a vus se marier.
Bud est aujourd’hui le grand-père de 3 petits-fils et 2 petites-filles...

Décorations

1953 : Médaille du couronnement de la Reine
1994 : Médaille commémorative de la Basse-Normandie (à l’abbaye d’Ardennes)
1995 : Médaille commémorative hollandaise (à Appledorn en Hollande)
2004 : Médaille commémorant le 60e anniversaire du Débarquement
2005 : Croix du Combattant du gouvernement français

Il a reçu un grand nombre de distinctions du gouvernement canadien. La dernière est la médaille du Jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II.
En 2013, de retour en Normandie, il reçoit la médaille de la ville de Caen, devient citoyen d’honneur de Basly et membre de la Tripière d’Or...