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Charles HARGROVE, interprète du général Stanier

 


Né le 30 mai 1922 à Gênes (Italie), Charles Hargrove a débarqué le 6 juin 1944 sur la plage d’Asnelles au sein de la 231e brigade d’infanterie britannique comme officier de liaison et interprète du général Sir Alexander Stanier, commandant de la brigade.

Bilingue et biculturel

Né d’un père britannique et d’une mère française, Charles Hargrove a suivi son cursus scolaire à Paris. En 1940, il quitte la France devant l’invasion allemande. Il poursuit ses études à l’université de Cambridge. Diplômé en 1943, il est titulaire d’un master en histoire de l’art.

Mobilisé en 1942, il est dirigé sur le corps des interprètes du 21e groupe d’armées britanniques. À l’approche des opérations du débarquement, il est affecté, en raison de son bilinguisme, à la 231e brigade d’infanterie britannique.

 

Le Débarquement, au volant d’une jeep

Le 6 juin 1944, à huit heures, il débarque, à Asnelles, sous le feu des canons, au volant d’une jeep dont il maîtrise mal la conduite. Jeune conducteur, il devient par la même occasion, chauffeur, aide de camp et secrétaire du général Stanier.

Durant la Bataille de Normandie, son rôle est d’établir des contacts avec les autorités locales et la population civile. Il est un des maillons de la bonne marche des opérations de la brigade.

Sa participation active à la Bataille de Normandie se termine lorsque sa brigade s’apprête à traverser la Seine pour continuer vers la Belgique. Le commandant du corps des interprètes, le capitaine Alec Ducan-Smith le renvoie à l’arrière. Il devient instructeur militaire à l’école des interprètes belges auprès de l’armée anglaise à Bruxelles.

Jusqu’à sa démobilisation, en 1947, il intègre l’état-major de la direction des transports du 21e groupe d’armées britanniques. Il est chargé de la reconstruction des chemins de fer du Nord de la France, de la Belgique et des Pays-Bas.

Un correspondant du Times

En 1948, il devient journaliste au Times. Pendant trente-quatre ans, Charles Hargrove en est le correspondant à Paris, Berlin, Tokyo et Bonn.

En 1982, à l’heure de la retraite, il s’installe à Paris et s’adonne à l’écriture d’ouvrages politiques sur la France et sur la reine Elisabeth II. Grâce à sa parfaite connaissance de la politique européenne et internationale, il est nommé comme consultant auprès de la presse écrite, de la télévision française et allemande et de l’UNESCO. Depuis 1991, il est membre correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques.

Décorations

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Officier de l’Ordre de l’Empire Britannique
  • Officier de l’Ordre du Mérite de la République Fédérale d’Allemagne
  • Chevalier de l’Ordre de Malte

Publications

L’autre Giscard : Valéry Giscard d’Estaing vu par un Anglais, Paris, Éditions J.A, 1981 ;

La reine, Paris, Éditions Perrin, Paris, 1994 ;

Un gentleman du Times 1944-2000. Paris-Berlin, Tokyo, Bonn, Paris, Éditions Tallandier, 2001 ;

Elisabeth II, Paris, Éditions Perrin, 2004 ;

Asnelles, 6 juin 1944, Lisieux, Collection Histoires Normandes, 2004.