Vétérans, anciens résistants, acteurs et témoins du Débarquement en Normandie

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Ferdinand LECOUVEY, engagé dans la 2e Division Blindée du général Leclerc

 

L’INVASION ALLEMANDE

Ferdinand LECOUVEY naît le 17 novembre 1924 à Trélon (Nord). Il passe la plus grande partie de sa jeunesse entre le nord de la France et la Normandie. Lorsque la guerre éclate, il vit chez ses grands-parents à la Haye du Puits (Manche) et suit un apprentissage pour devenir électricien chaudronnier tout en suivant les cours du soir.

Dans ce département, il vit, le cœur lourd, l’installation puis l’occupation par les troupes allemandes. Puis, à partir de juin 1944, ce sont les combats de la Libération, subissant les bombardements et les duels d’artillerie. Le département qu’il connaît devient petit à petit un champ de batailles puis un champ de ruines.

L’ENGAGEMENT

Le 1er août 1944, la 2ème Division blindée du général Leclerc débarque sur Utah Beach, à Saint-Martin-de-Varreville (Manche). Formée officiellement en 1943, au Maroc, la 2e DB – auparavant dénommée « colonne Leclerc » - s’est faite remarquer par la prise de l’oasis de Koufra, en 1941. Une première victoire à la suite de laquelle les « gars de Leclerc » font le serment de ne déposer les armes que lorsque le drapeau tricolore flottera au-dessus de la cathédrale de Strasbourg.

 

« L’arrivée sur notre sol de la 2ème DB et de son chef, le Général Leclerc, auréolés de leurs victoires en Afrique, nous redonna espoir de libérer la France et c’est ainsi que se décida notre engagement. »

Le 6 août 1944, Ferdinand LECOUVEY, 19 ans, son frère Louis, 18 ans, leur père et quelques camarades se portent volontaires et s’engagent dans la 2e DB. Ils sont d’abord intégrés au 1er bataillon de renfort ; lui-même et son père dans le Génie, son frère au régiment de Marche du Tchad et reçoivent leur dotation militaire : « Ce qui nous fit le plus plaisir fut la remise de l’insigne de la division ; nous devenions à partir de cet instant des « gars de Leclerc » et presque tous, nous dessinâmes à la peinture blanche, la Croix de Lorraine sur le devant de notre casque. »

LA LIBÉRATION DE STRASBOURG

Fin septembre 1944, il est affecté au 13e Bataillon du génie et suit une spécialisation sur les mines, explosifs et le déminage. Il rejoint ensuite le front, en Meurthe-et-Moselle, et prend part aux combats qui se déroulent dans la région de Ménil-Flin, de Gélacourt et de Baccarat ainsi qu’au déminage de la zone. Son courage et son sang-froid à l’occasion de ces opérations lui valent d’obtenir une citation à l’ordre de la Brigade avec attribution de la Croix de guerre.

Prenant la direction de Strasbourg, Ferdinand LECOUVEY est confronté à de très rudes combats et à une défense acharnée des forces allemandes : « les journées étaient longues, harassantes par les tensions nerveuses dues aux combats soutenus auxquels nous participions ».

Puis, finalement, le 23 novembre, c’est l’entrée dans Strasbourg, objectif stratégique hautement symbolique que s’étaient fixés les hommes de la 2e DB. Avec quelques camarades, il est l’un des premiers à entrer dans la ville. De nombreux et violents accrochages avec les forces allemandes ponctuent la libération de la cité. Son comportement héroïque lors des combats lui vaut d’être à nouveau cité à l’ordre du régiment et d’obtenir sa seconde Croix de guerre avec étoile de bronze.

Quelques semaines plus tard, le père de Ferdinand LECOUVEY, sergent dans une autre compagnie, vient l’informer d’une dramatique nouvelle ; son frère Louis, 18 ans, est décédé début décembre 1944 suite aux combats d’Herbsheim. Il est anéanti.

Mais malgré le choc provoqué par cette annonce, Ferdinand LECOUVEY poursuit le combat et participe aux opérations visant à réduire la poche de Colmar. Au début du mois de février 1945, sa détermination sans faille et son sang froid lui valent une nouvelle citation à l’ordre du régiment et l’attribution d’une troisième Croix de guerre avec étoile de bronze

LA CAPITULATION

Au mois d’avril 1945, il traverse le Rhin avec son bataillon et pénètre en Allemagne, en direction de la Bavière. Le 8 mai c’est l’annonce de la capitulation de l’Allemagne nazie : « Une joie intense s’empara de nous tous. Notre canon antichar tira à blanc pour fêter l’événement. Je crois qu’on arrosa, faute de mieux, la nouvelle avec quelques orangeades. »

De retour en France, Ferdinand LECOUVEY est affecté en région parisienne jusqu’à sa démobilisation en février 1946, au grade de sergent.

De retour à la vie civile, il participe à l’essor économique de la région en créant une société de construction. Citoyen très engagé, il est élu de la commune de Barbery de 1964 à 2001. En 2004, il est nommé maire honoraire de la commune.

Ferdinand LECOUVEY est également très investi au sein des associations patriotiques et mémorielles et particulièrement présent dans les manifestations commémoratives organisées dans le département du Calvados. Il est, en outre, le président de l’amicale du Calvados des anciens de la 2ème Division blindée, depuis 2002 et contribue avec beaucoup d’ardeur à la transmission des pages héroïques des combats de la Libération auprès des jeunes générations.

DÉCORATIONS

Ferdinand LECOUVEY est titulaire des décorations suivantes :

  • Chevalier de la Légion d’honneur
  • Médaille Militaire
  • Croix de guerre 1939-1945 avec trois étoiles de bronze
  • Croix du combattant volontaire avec barrette 1939-1945
  • Croix du combattant
  • Médaille de reconnaissance de la Nation
  • Médaille commémorative 1939-1945

Ferdinand LECOUVEY (à gauche), vétéran de la 2ème Division blindée du général LECLERC, remet la croix de chevalier de la Légion d’Honneur à Geoffrey LITHERLAND, vétéran du D-Day de la 3ème Division d’infanterie Britannique à l’issue de la cérémonie britannique du Souvenir, le 5 juin 2017.
©Ville de Caen – François DECAENS