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Franck LECONTE, directeur « Etat » de la mission régionale du 70e anniversaire du Débarquement et de la bataille de (...)

 

Entretien avec Franck LECONTE, directeur « Etat » de la mission régionale du 70e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie.

Franck LECONTE, directeur « Etat » de la mission régionale du 70e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie
Ancien élève de l’Institut régional d’administration de Lille, Franck LECONTE a servi 21 ans au sein des services du Ministère de la Défense : Etat-major de l’Armée de l’Air à Paris, Direction interdépartementale des anciens combattants de Basse-Normandie et Service départemental de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONACVG) du Calvados.
Auditeur de l’IHEDN, l’intéressé est également chef d’escadron de la réserve citoyenne de gendarmerie.


Depuis le 21 mai dernier, vous avez été chargé par Michel LALANDE, Préfet de la région Basse-Normandie, Préfet du Calvados, d’animer aux côtés de la Région, la mission régionale du 70e anniversaire du Débarquement et de la bataille de Normandie. Quel est votre rôle ?

Avec le directeur de projet « Région », je suis en effet chargé de constituer, d’animer et de coordonner les actions de cette mission qui a pour objet de mettre en œuvre les décisions du comité de pilotage du 70e anniversaire.

La mission comporte huit pôles correspondant à des thématiques bien précises ; à chaque fois que possible, chacun de ces pôles dispose d’un co-pilotage Etat - Région et d’une équipe « interservices » composée de représentants de nombreuses structures de l’Etat, du Conseil régional, des différentes collectivités territoriales mais aussi d’associations et de particuliers qui ont souhaité œuvrer bénévolement dans ce cadre.

J’aurai le souci permanent de veiller tout particulièrement à organiser localement la mobilisation des différentes initiatives sur le territoire bas-normand et à articuler l’action de la mission par rapport au domaine de compétence de l’Etat central.

 



Comment se met en place cette mission à moins d’un an de l’échéance ?

Les huit pôles que je viens d’évoquer viennent ou sont en cours d’être activés ; les différents responsables de pôles Etat et Région seront tous réunis le 3 juillet prochain : la phase opérative est donc maintenant amorcée.

Par la nature de leurs attributions, certains pôles ont été activés prioritairement (exemple du pôle information/communication), d’autres sont tributaires des décisions relevant du plus haut niveau de l’Etat et des négociations internationales (pôle cérémonies par exemple) et n’entreront donc en phase active qu’un peu plus tard.

Par ailleurs, un site internet dédié au 70e verra le jour dès la rentrée. Sa création est le gros travail de cet été.

La mission régionale et le site internet constitueront le socle commun de l’organisation territoriale du 70e anniversaire.



Quelles vont être les fonctions de la mission régionale ?

Cette mission a pour objet de coordonner l’ensemble du dispositif organisationnel du 70e en région, hormis les affaires touchant spécifiquement à l’ordre public, à la sécurité ou au protocole ; elle interviendra notamment en matière d’information du public et de communication, de recensement des différentes initiatives et de labellisation, de réglementation et d’éthique, d’hébergement et de transports, d’organisation des cérémonies, de participation et d’implication des jeunes mais aussi en terme d’économie afin que les acteurs économiques régionaux soient pleinement associés à ce grand évènement.



Au sein de l’ONACVG, vous avez souvent été sollicité dans le cadre de l’organisation des grandes cérémonies commémoratives ; quelles sont vos plus grandes expériences ?

Elles sont nombreuses ! La Normandie, terre de mémoire par excellence, est riche de commémorations exceptionnelles. Je retiens évidemment tout particulièrement l’organisation des 17 cérémonies internationale, bi-nationales et nationales marquant le 60e anniversaire du Débarquement. La cérémonie du 65e anniversaire du Débarquement à Colleville sur Mer qui fut aussi un moment exaltant dont la préparation a été réalisée dans des délais particulièrement contraints.

Egalement l’organisation à Ouistreham le 8 mai 2008, de la première cérémonie nationale de la Victoire de 1945, délocalisée en province.

Et puis, compte tenu de mon « expertise » acquise en Normandie, mon administration centrale m’a aussi chargé de l’organisation de la cérémonie internationale du 90e anniversaire de l’Armistice de la Grande Guerre à Douaumont (55) le 11 novembre 2008, de la cérémonie nationale du 8 mai organisée à Sainte-Maxime (83) le 8 mai 2009 ou encore de la cérémonie nationale de la Victoire organisée à Port-Louis (56) le 8 mai 2011.



Comment envisagez-vous les cérémonies du 70e ?
Ce 70e prendra une dimension particulière.

Cet anniversaire, parce qu’il sera le dernier grand rendez-vous décennal en présence des vétérans, sera un moment d’intense émotion et doit être une occasion de transmission mémorielle. Ce sera en effet la dernière fois dans le cadre d’un grand anniversaire que nous aurons le privilège d’accueillir un nombre encore important de celles et ceux qui sont les dépositaires du « souvenir vivant » de juin 1944.

A cet égard, pour témoigner son immense gratitude à l’égard des libérateurs qui viendront effectuer leur dernier pèlerinage, je crois important que la population normande puisse être pleinement associée à l’évènement et à sa préparation.

Par ailleurs, l’accueil qui devra être réservé à nos chers vétérans ne doit pas être seulement institutionnel ; il doit être populaire et envisagé avec toute la ferveur qu’il mérite.

Mais le plus important encore, c’est que les jeunes Normands et les jeunes des pays belligérants puissent être massivement présents à toutes les étapes de cet évènement car symboliquement, ce sont ces jeunes qui seront dépositaires de l’esprit et des valeurs portées par les combattants de la Liberté.

A l’issue de nos cérémonies, mon souhait le plus cher est que les vétérans puissent repartir chez eux en se disant  : « nous sommes rassurés, nous savons qu’après nous, la mémoire de notre engagement continuera à être entretenue et le souvenir de nos morts sera toujours honoré en Normandie ».


Entretien mené par Jullia QUELLIEN, Coordonnatrice mémoire et communication de l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, Mission mémoire et communication de Haute et Basse Normandie, Service départemental du Calvados