Vétérans, anciens résistants, acteurs et témoins du Débarquement en Normandie

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FRED SMITH

 

Fred Smith est né à Preston, dans le Lancashire, le jour de Noël 1923. La vie est difficile pour beaucoup de familles dans la période de l’entre-deux-guerres. Comme beaucoup d’autres jeunes hommes, Fred quitte l’école à l’âge de 14 ans pour travailler dans une filature de coton, où il effectue presque tous les travaux, sauf le tissage.

Peu avant ses 17 ans, il demande à intégrer la Marine avec ses amis, afin de quitter la filature et de voir le monde. En raison d’un problème de vue, il échoue à la sélection. « Maintenant, je suis content que la Marine n’ait pas voulu de moi, car j’aurais dû servir pendant deux ans avant d’avoir le droit d’être payé autant qu’un marin. »

Fred se porte volontaire pour l’armée, est accepté et rejoint les Royal Welsch Fusiliers avec lesquels il entre en action en Afrique du Nord. Il se rend compte qu’il n’est pas fait pour la discipline de baraquement et il rejoint le Régiment de Parachutistes, où l’on compte davantage sur l’autodiscipline et les capacités individuelles. Il est rattaché au 13e Bataillon, le Régiment de Parachutistes qui fait partie de la 5e Brigade de la 6e Division aéroportée.

Tôt le matin du 6 juin 1944, Fred Smith se lance à l’assaut. Le Jour J, la mission du bataillon consiste à atterrir avant les forces des planeurs afin de dégager la zone de largage de tout poteau anti-atterrissage en attachant à leur base des explosifs contenus dans des chambres à air de vélos. Le bataillon doit ensuite défendre Ranville des contre-attaques allemandes, au cours desquelles Fred se retrouve à manipuler une mitrailleuse Bren à quelques uns des carrefours du secteur.

 

En dépit de lourdes pertes, le bataillon mène combat à travers la Normandie, avant de retourner en Angleterre en septembre 1944, au départ du port artificiel d’Arromanches. La division revient sur le continent en décembre 1944 pour aider à endiguer la contre-attaque allemande dans les Ardennes. Fred fait partie du Scout Platoon, dont la mission consiste à être les yeux et les oreilles du bataillon, souvent au-delà des premières lignes. Entraîné avec un fusil de tireur d’élite, Fred est aussi très habile à la catapulte qui lui est cependant confisquée, car c’est une arme non autorisée !

C’est lors d’une opération de nettoyage de rue pendant la bataille que son camarade Fred Beach est tué par le feu d’une mitrailleuse allemande. Encore à ce jour, Fred s’en fait le reproche : « J’étais le sergent en charge et j’ai envoyé Freddie de l’autre coté de la rue, je n’avais pas vu la mitrailleuse ». Depuis toutes ces années, Fred porte la culpabilité de la perte de son ami, mais voici quelques mois, il est rentré en contact avec la famille Beach…
Fred est ensuite touché par un tireur d’élite allemand qui a réussi à pénétrer une des « maisons nettoyées ». Il se souvient : « J’ai même vu son visage, mais je n’ai pas réussi à descendre assez vite ».

Finalement transféré au Royaume-Uni, il termine la guerre à l’hôpital. Cependant, le jour de la victoire en Europe, accompagné d’autres patients, Fred réussit à quitter l’hôpital en pyjama, avec ses béquilles pour rejoindre le Pub local et célébrer la Victoire. Après avoir exercé les fonctions de sergent pendant encore une courte période, Fred Smith est réformé avec le grade de caporal et commence à travailler comme monteur d’acier dans une centrale électrique. En raison de ses blessures de guerre, le travail est physiquement trop difficile et il suit une formation d’inspecteur d’acier pour travailler dans les centrales nucléaires de Springfield et Sellafield. La douleur constante de ses blessures de guerre l’oblige à changer de travail encore une fois pour devenir métreur. Il prend finalement sa retraite à l’âge de 67 ans.

Fred est fréquemment revenu en Normandie avec l’Association du 13e Bataillon. Ses enfants et petit-enfants l’accompagnent aujourd’hui quand il revient rendre hommage à ses camarades. La guerre se rappelle constamment à son souvenir, car il est encore soigné pour la blessure qui lui a été infligée dans les Ardennes, par une froide journée d’hiver, il y a de cela si longtemps.

« Maintenant, je suis content que la Marine n’ait pas voulu de moi, car j’aurais dû servir pendant deux ans avant d’avoir le droit d’être payé autant qu’un marin. »

Télécharger sa fiche portrait (format pdf - 182.2 ko - 18/04/2019)


Fred Smith was born in Preston, Lancashire on Christmas Day 1923. For many families, life was hard between the wars and like lots of young men, Fred left school at 14 to work in a cotton mill doing just about every job except weaving.

Shortly before Fred’s 17th birthday he decided to apply to join the Navy with his friends in order to leave the mill and see the world. Due to a problem with his eyesight he failed selection. “Now I am glad the Navy didn’t want me as I would have done 2 years service before I qualified for men’s pay”.

Fred volunteered for the Army, was accepted, and joined the Royal Welsch Fusiliers where he saw action with the regiment in North Africa. He found that the barrack hall discipline was not for him and he joined the Parachute Regiment where the reliance was more on self discipline and ability. He was seconded to 13th Battalion, The Parachute Regiment which formed part of 5th Brigade of 6th Airborne Division.

Early morning on June 6th, Fred Smith leapt into brutal combat. The battalion’s mission on D-Day was to land before the glider borne force to clear the drop zone of anti landing poles by attaching explosives contained in a bicycle inner tube around their base. It subsequently had to defend the town of Ranville from German counter attacks, where Fred found himself manning a Bren gun at some of the many crossroads in the area. Despite heavy losses the battalion fought its way through Normandy finally returning to England, via the Mulberry Harbour at Arromanches, in September 1944. The division returned to the continent in December 1944 to help stem the German counter attack in the Ardennes. Fred was part of the Scout Platoon, their mission to be the eyes and ears of the battalion often beyond the front line. Trained with a sniper rifle, Fred was also very adept with a catapult but had it confiscated as an unauthorised weapon !

It was during a street clearing operation in this battle that Fred’s comrade, Fred Beach, was hit by German machine gunfire and killed. To this day Fred blames himself, “I was the sergeant in charge and I sent Freddie across the road, I didn’t see the machine gunner”. Fred has carried the pain of the loss of his friend with him for 67 years but a few months ago Fred made contact with the Beach family…
Fred was then shot by a German sniper who had managed to get back into the “cleared houses”, “I even saw his face but I didn’t manage to get down quick enough” Fred recalls.

Finally transferred to the United Kingdom, Fred spent the rest of the war in hospital although on VE Day Fred, with some other patients, managed to leave the hospital dressed in pyjamas and on crutches to get to the local pub to celebrate. After a brief period as an Orderly Sergeant, Fred Smith was invalided from the Army as a Corporal and started work as a steel erector at a local power station. However, due to his war time injuries, the work was too physically demanding and he trained as a steel inspector working at Springfield and Sellafield nuclear power plants. The continuing pain from his wartime injuries necessitated another change of work and he became a Quantity Surveyor, finally retiring at the age of 67.

Fred is a frequent visitor to Normandy, until recently returning with the 13th Battalion Association. His children and grandchildren accompany him today when he returns to pay his respects to his comrades. Fred is constantly reminded of the war as he continues to receive treatment for the wound he sustained in the Ardennes on that cold winter’s day so long ago.

« Now I am glad the Navy didn’t want me as I would have done 2 years service before I qualified for men’s pay. »

Download his portrait file (format pdf - 182.2 ko - 18/04/2019)