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Henri Graux (1888-1979)

 

 
En raison d’une grave blessure lors un match de rugby, Henri Graux doit renoncer à la carrière qu’il envisageait dans l’armée et choisit de servir l’État au sein de la « préfectorale ».

En 1913, il fait ses débuts dans le département de la Mayenne, comme chef de cabinet. Son premier poste de sous-préfet, en 1920, le conduit dans la Dordogne.

En 1926, il est affecté à Montargis (Loiret), où il se lie d’amitié avec le député de la circonscription, Eugène Frot, alors membre du parti socialiste. Après avoir quitté la SFIO pour le parti radical-socialiste, ce dernier entame une carrière ministérielle au début des années 1930 et fait d’Henry Graux son directeur de cabinet.

En décembre 1933, Graux est nommé préfet de la Drôme avant d’être affecté en 1936 dans les Deux-Sèvres.

En mai 1940, en pleine débâcle des armées françaises, il est envoyé dans le Calvados où son exemple et son énergie permettent de maintenir le fonctionnement des administrations malgré l’exode massif qui frappe de nombreux départements. Face à l’occupation allemande, le préfet Graux adopte à plusieurs reprises une attitude de résistance passive. Clairement hostile à la collaboration, il entretient des rapports très tendus avec les collaborationnistes locaux.

En mai 1942, après les sabotages meurtriers commis par la Résistance sur la ligne de chemins de fer Paris-Cherbourg et l’arrestation de 120 otages dans le Calvados, il se heurte de front au Feldkommandant de Caen puis au haut commandement militaire allemand de Paris qui obtient de Vichy, en juin, qu’il soit relevé de ses fonctions.

Malgré son attitude courageuse, Henry Graux ne retrouvera pas de poste de préfet à la Libération. En 1952, il sera nommé maire du XVIe arrondissement de Paris et exercera cette responsabilité jusqu’à sa retraite en 1963.

© Jean QUELLIEN, Professeur émérite, Université de Caen-Normandie