Vétérans, anciens résistants, acteurs et témoins du Débarquement en Normandie

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Hubert FAURE : commando Kieffer

 

Né le 28 mai 1914 à Neuvic-en-Dordogne, il étudie au lycée jésuite de Sarlat. En 1934, il s’engage comme sous-officier au 22e régiment de Dragons à Pontoise, avant de servir comme instructeur à Paris. Il étudie les ouvrages dédiés à la Cavalerie rédigés par Charles de Gaulle avec d’autant plus de curiosité qu’il sert dans un régiment de chars de combat lorsque de la Deuxième Guerre mondiale.
Hubert Faure est engagé avec son unité en réserve, derrière la ligne Maginot, avant de participer à la bataille de Montcornet dans le département de l’Aisne, le 17 mai 1940, qui voit l’engagement efficace de la 4e division cuirassée commandée par le colonel de Gaulle.

 

Fait prisonnier en juin 1940, il s’évade et rejoint les forces françaises lorsque l’Armistice est signé. Quand les Alliés déclenchent l’opération Torch en Afrique du Nord le 8 novembre 1942, Hubert Faure décide de rejoindre les Forces Françaises Libres en Angleterre. C’est le début d’un long périple qui, à l’instar de son futur camarade Maurice Chauvet, le mène vers l’Espagne pour y être fait prisonnier. Malgré tout, il s’échappe, rallie le Portugal d’où il parvient à s’envoler vers l’Angleterre. En juin 1943, un an avant le débarquement, il se porte volontaire pour rejoindre les commandos français encadrés par le commandant Philippe Kieffer. « Fort d’une excellente condition physique, d’un moral d’acier et de son expérience militaire, il est immédiatement remarqué par l’encadrement du stage commando à Achnacarry en Ecosse », mentionne sa biographie. Avec le grade de Warrant Officer et son béret vert sur la tête, il devient maître-principal de la Marine nationale et commande une section au sein de la Troop 1.

Le 6 juin 1944, Hubert Faure débarque avec ses hommes devant la commune de Colleville-sur-Orne aujourd’hui Colleville-Montgomery sous des tirs nourris, étant même soufflé par l’explosion d’obus allemands qui lui décollent la plèvre et lui font cracher du sang. Moins de deux heures après le début de l’assaut, il devient le seul cadre de la Troop 1 encore valide, les autres ayant été blessés au feu : à compter de 8h15, la Troop 1 se dirige vers le complexe défensif du Casino, un redoutable ensemble de bunkers et de positions d’artillerie que les François doivent prendre d’assaut. Mais Faure et ses hommes sont compartimentés dans leur progression par les obstacles installés par les Allemands. Malgré les quatre tirs de PIAT, la défense allemande tient bon. Pendant que Kieffer part dérouter un blindé britannique pour appuyer les commandos Français, c’est Hubert Faure qui commande les forces en présence et dirige les tirs de destruction. Une fois le Casino neutralisé, il se dirige successivement vers Bénouville, le pont Pegasus et enfin Amfreville, où les commandos tiennent bon face à des multiples incursions allemandes durant de longues semaines. Touché par un éclat d’obus, sa blessure s’infecte et il est rapatrié vers l’Angleterre le 7 juillet 1944. il est de retour à compter du 15 août en Normandie. Il retrouve son unité au front aux Pays-Bas lors de la prise de contrôle de l’île de Schouwen. Après la Deuxième Guerre mondiale, il reprend ses études et devient ingénieur des travaux publics.

Le 14 juillet 2008, Hubert Faure est promu au grade de commandeur de la Légion d’Honneur, et la cravate lui est remise par l’amiral Philippe de Gaulle, grand’croix de la Légion d’honneur : « Je voulais que l’insigne me soit remis par quelqu’un de la France libre. L’amiral, c’est une merveille de gentillesse. Il est mon voisin, et mon ami en même temps depuis trente années.« , confiait alors l’heureux récipiendaire. Il a depuis été élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d’honneur.