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Janine HARDY, une jeune femme sous les bombes

 

L’engagement

Deux ou trois jours avant le Jour J, Janine Hardy sait par son frère que le débarquement va avoir lieu mais elle n’image pas l’ampleur de l’événement.
Le 6 juin alors qu’elle est réfugiée au lycée Malherbe dans l’abri n°5, un déluge de bombes tombe sur Caen pour la deuxième fois de la journée, il est 13h30. Son frère, Pierre, vient la chercher pour aider à dégager les personnes de son quartier prises sous les décombres. C’est le début de son engagement au sein des équipes d’urgence : « A 23 ans on ne réfléchit pas ».
Elle a pour mission d’évacuer par brancard les victimes des bombardements.
Ce sont des moments très durs. Elle ne reconnaît plus son quartier et doit venir en aide ou constater le décès de personnes qu’elle côtoyait jusqu’alors régulièrement. Un de ses souvenirs les plus marquant est celui d’une femme prise dans les décombres qui s’inquiète du sort de son enfant pensant l’avoir sauvé. Lorsque Janine lui retire l’enfant, la fillette est morte étouffée. Janine préfère lui dire que l’enfant a été évacué en lieu sûr.
Les équipes d’urgence s’organisent rapidement, on distribue des missions à chacun : certains sont chargés de trouver de la nourriture, d’autres doivent faire des réserves d’eau dans des citernes,…

 

L’après-guerre

L’appartement de Janine Hardy, place du Marché au Bois est détruit, elle attendra 12 ans avant d’être relogée. Jusqu’en novembre 1944, elle vit dans les abris du lycée Malherbe. Elle fait un séjour à Paris chez une tante pour récupérer des affaires et une couverture. Elle a tout perdu dans les bombardements et n’a que des vêtements d’été.
Ce séjour est un choc pour elle. La vie à Paris a repris son cours. Les Parisiens n’ont pas conscience des difficultés des habitants des villes normandes et des Normands en général. Le contraste de cette vie parisienne et l’incompréhension avec sa tante sont tels que Janine Hardy est amère, profondément déçue. Pendant les combats de la Libération, tout le monde était solidaire pour faire face aux événements et aux atrocités subies. Les combats terminés, la solidarité n’est plus là.
De retour à Caen, elle vit dans les ruines avec un matelas de fortune trouvé dans les décombres. Elle n’a plus ni eau, ni chauffage, ni électricité, elle s’éclaire à la bougie. Cette situation va durer des années. Elle emménage dans son appartement actuel en 1956 seulement, à quelques dizaines de mètres de son ancien quartier.

Malgré un caractère « bien trempé », ces événements ont profondément marqué Janine Hardy. Ils l’ont marqué dans sa chair, les années de privation à 20 ans ont des conséquences irrémédiables sur sa santé. Ils l’ont marqué dans son inconscient, difficultés à dormir, cauchemars réguliers, l’usure de 10 années à ne pas vivre « chez soi », dans des conditions très précaires.

Rapidement après la guerre, Janine s’investit dans des associations comme Ceux de la Bataille de Caen (aujourd’hui dissoute), le Souvenir français ou encore le Comité de coordination des associations d’anciens combattants et des sociétés patriotiques de la ville de Caen.

Décoration :

  • Chevalier de l’ordre national du mérite.