Vétérans, anciens résistants, acteurs et témoins du Débarquement en Normandie

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Jeannine HENRY-DIESNIS, une mémoire civique au service des jeunes

 

Né en 1929 à Equeudreville, commune limitrophe de Cherbourg, Jeannine HENRY-DIESNIS a témoigné dans le cadre des 70 voix de la Liberté sur sa vie pendant l’Occupation et la Libération de la Normandie auprès des lycéens d’Alexis de Tocqueville de Cherbourg.

La vie en 1940

Pupille de la Nation (son père est mort en service au Maroc), Jeannine HENRY-DIESNIS est élevée par sa mère et son beau-père à Equeudreville. En 1940, la batterie des Couplets et le Fort du Roule deviennent la cible des bombardements anglais.
Sa mère et son beau-père décident de partir dans la Hague à Landemer. Une grande villa occupée par deux familles belges leur sert de nouveau domicile. Un jour, les Allemands arrivent au village. Ils défoncent les portes des villas à coups de haches pour voir si la villa est occupée. Quand ils entrent dans la maison de Jeannine HENRY-DIESNIS, des pommes de terre, denrée rare, sont à cuire. Après avoir pris connaissance du menu, les allemands emportent tout et laissent la maisonnée sans nourriture.

Les bombardements à Cherbourg et en Seine-Maritime

Au début de l’année 1941, la famille revient dans sa maison d’Equeurdreville. Son frère Laurent, après avoir suivi des études de dessinateur à Vernon, rejoint Equeurdreville. Il trouve un emploi de dessinateur aux travaux maritimes de Cherbourg. Le 4 septembre 1941, alors qu’il relève les plans dans le nord de l’Arsenal, des bombes sont lâchées. N’ayant pas le temps de se mettre à l’abri, il est touché à l’abdomen et meurt sur les marches de l’hôpital des armées. Son nom figure sur le monument aux morts d’Equeurdreville.

 

Quinze jours après les décès de son frère, la toiture de la maison familiale est détruite par les bombardements. Plusieurs fois elle est témoin d’arrestations musclées en pleine rue et du suicide d’un jeune qui se jette sous les chenilles d’un tank pour ne pas aller au service du travail obligatoire en Allemagne.
Sa mère ayant trouvé un travail aux travaux maritimes, Jeannine HENRY-DIESNIS part chez son oncle et parrain, à Croisset Dieppedalle (Seine-Maritime). Là-bas, elle subit des bombardements incessants. Les chantiers de Normandie se trouvent sur l’autre rive de la Seine. Tous les jours elle voit flotter des corps dans le fleuve.
Pendant deux ans, elle reste sans nouvelles de sa mère. Fin 1944, sa tante décide de la ramener à Equeurdreville. Un camion les amène jusqu’à Caen puis le train jusqu’à Cherbourg. Sur le parcours Jeannine HARDY-DIESNIS est frappée par les destructions et les morceaux de peaux ou même de carcasses accrochées aux arbres. Arrivée à destination, elle a la surprise de voir pour la première fois des soldats noirs américains.

Une mémoire civique au service des jeunes

En mémoire de son père et de son frère, elle intègre le Souvenir Français pour lutter contre l’oubli et par respect pour ceux qui ont donné leur vie pour la liberté de la France. Devenue présidente de la section d’Equeurdreville, elle décide de se consacrer aux jeunes. Elle créee le club résistance au collège LE CORRE avec la complicité d’un professeur. Animé par trente jeunes, ce club se renouvelle en permanence.
Chaque année, plusieurs d’entre eux participent au Concours National de la Résistance et de la Déportation et aux cérémonies patriotiques. Le 1er novembre, ils aident à fleurir les tombes des militaires et des civils morts pour la France. Les 8 mai et 11 novembre, ils collectent pour l’Œuvre Nationale du Bleuet de France.
Le club se réunit toutes les semaines et élabore des projets comme des voyages pédagogiques sur les lieux de mémoire. Jeannine HENRY-DIESNIS les accompagne constamment dans leurs travaux mais aussi dans leur cheminement vers la citoyenneté.


Born in 1929 in Equeudreville, next to the commune of Cherbourg, Jeannine HENRY-DIESNIS testified as part of the 70 voices of Liberty project on her life during the Occupation and Liberation of Normandy with students of the Alexis de Tocqueville highschool in Cherbourg.

Life in 1940

As a Ward of the Nation (his father died serving in Morocco), Jeannine was raised by her mother and stepfather in Equeudreville. In 1940, the cluster of Couplets and the Fort of Roule became the target of British bombardment.

Her mother and stepfather decided to go to the Hague in Landemer. A large villa occupied by two Belgian families served as their new home. One day the Germans arrived in the village. They kicked down the doors of houses with axes to see if the house was occupied. When they entered the house of Jeannine, potatoes, rare commodity at this time, were cooked. After having seen the menu, the German took everything and left the household without food.

The bombings in Cherbourg and Seine -Maritime

In early 1941 , the family returned to their house in Equeurdreville . Her brother Laurent , after completing designer studies in Vernon, joined them. He found a job as a designer to the Cherbourg maritime factory. On September 4th, 1941, while he noted the plans in the northern arsenal, bombs were dropped. Not having the time to get away , he was hit in the abdomen and died on the steps of the military hospital. His name appears on the memorial of Equeurdreville .

Fifteen days after the death of her brother, the roof of the family home was destroyed by bombing. Several times she witnessed violent arrests in the street and the suicide of a young man who ran under the tracks of a tank to avoid labor service in Germany.

When her mother found a job in the maritime factory, Jeannine went with her uncle and godfather to Croisset Dieppedalle (Seine- Maritime). There, constant bombing. Shipyard of Normandy were on the other side of the Seine. Every day she saw floating bodies in the river.

For two years , she had no news of her mother. End of 1944, her aunt decided to bring her back to Equeurdreville. A truck led them to Caen and then the train to Cherbourg. On the path, Jeannine was struck by the destruction and pieces of skin or even carcasses hanging from the trees . Once at destination, she was surprised to see for the first time black American soldiers.

A civic memory serving youth

In memory of her father and brother , she joined the French Souvenir to fight against oblivion and to respect those who gave their lives for the freedom of France. She became president of the Equeurdreville section and decided to focus on young people. She created the “Resistance” club in college LE CORRE with the help of a teacher. With 30 young people, this club is constantly being renewed.

Every year, many of them participate in the National Competition of the Resistance and Deportation and in patriotic ceremonies. On November 1st, they help to put flowers on the graves of soldiers and civilians killed in France. On May 8th and November 11th, they collect for the National Order of “Bleuets de France”.

The club meets weekly and develops projects such as educational trips on places of memory. Jeannine HENRY- DIESNIS constantly accompanies them in their work and also in their path to citizenship.