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Les dates clés du Débarquement

 

Depuis l’année 1942, les Alliés se préparaient à débarquer en Europe. C’est au cours de l’année 1943, qu’ils décidèrent que ce débarquement aurait lieu sur les côtes normandes et non sur celles du Pas de Calais.
Ce débarquement en Normandie qui porte le nom de code « opération Neptune », est la première étape de « l’Opération Overlord », dont le but est de libérer l’Europe.

 

Il y a chronologiquement trois étapes dans le déroulement de l’opération de débarquement : Tout d’abord, les débarquements par air. Ensuite, les bombardements aériens et navals. Enfin, les débarquements par échouage sur la côte.


Les paras

Les débarquements par air



Les parachutages sont effectués aux deux extrémités du secteur de débarquement afin de protéger sur chaque flanc l’offensive alliée qui doit venir par mer. Entre minuit et une heure du matin, les 82e et 101e divisions aéroportées américaines sont parachutées dans le secteur de Ste Mère Eglise (dans la Manche), tandis que la 6e division aéroportée britannique doit atterrir dans le secteur de Ranville.







Bombardements aériens et navals

Pointe du Hoc



Toujours dans la nuit du 5 au 6 juin, 2 000 bombardiers environ déversent près de 8000 tonnes d’engins explosifs sur les batteries d’artillerie allemandes de la zone d’assaut. Ces bombardements sont relayés à l’aube, par l’artillerie navale. Cette flotte commence à tirer une demi-heure avant la mise à terre des troupes.









Le débarquement par mer


Les canadiens débarquent5 secteurs de débarquement ont été définis. Utah et Omaha, situés de part et d’autre de l’estuaire de la Vire, dans la baie des Veys, ont été attribués à la 1ère armée américaine du Gal Bradley, tandis que l’armée britannique, composée entre autres de canadiens, débarque sur les 3 secteurs baptisés Gold, Juno et Sword, 3 secteurs qui s’étendent d’Arromanches à Ouistreham. En raison des variations de la marée, les débarquements par mer devaient s’effectuer avec des décalages : les débarquements étaient prévus à 6h30 (matin) sur les plages Utah et Omaha, et à 7h30 sur les plages Gold, Juno et Sword.

Pour le général Eisenhower, commandant en chef de l’opération depuis décembre 1943, l’un des objectifs prioritaires est la prise du port de Cherbourg. C’est pour cette raison qu’il décide d’ajouter une plage de débarquement sur la côte orientale du Cotentin, car initialement le débarquement devait avoir lieu entre Grandcamp et Courseulles. Puisqu’un débarquement est prévu à Utah, un débarquement sur la plage d’Omaha est inévitable, car il est inconcevable de laisser un trou béant entre Utah et les plages dévolues aux britanniques. Malgré les risques encourus, notamment à cause de la configuration, on ne pouvait renoncer à débarquer à Omaha, n’ayant nul autre endroit se prêtant à un débarquement entre l’embouchure de la Vire et Arromanches.


Carte du débarquement


Les opérations aéroportées

Des deux côtés de la zone d’assaut, un débarquement par air devait précéder le débarquement par mer. Ce débarquement par air a eu lieu vers minuit et demi, il avait pour but de protéger les flancs de l’attaque qui devaient venir de la mer.

Secteur britannique
Les Britanniques de la 6ème Airborne sont chargés du flanc est, le long de l’Orne.
Leur objectif :
le 1er raid = les ponts de Bénouville et Ranville
le 2ème raid = les batteries de Merville Franceville

Le 1er raid de la 6e Airborne
Les troupes du major Howard ont pour mission de s’emparer des ponts sur l’Orne et le canal au niveau de Ranville et Bénouville. Ils doivent prendre intacts ces ponts qui sont la voie unique de passage sur l’Orne entre Caen et la mer. Puis ils doivent les garder jusqu’à l’arrivée des commandos qui débarquent par mer sur la plage Sword. Les Alliés ont besoin de ces ponts pour permettre l’acheminement par route de renforts dans le secteur de parachutage de la 6ème division s’étendant entre l’Orne et la Dives (là où ils s’attendent à une forte réaction de la part des Allemands).

Vers 0h30, trois planeurs du régiment commandé par le Major Howard atterrissent près de Bénouville. L’effet de surprise est tel que les sentinelles allemandes qui gardent le pont ne réagissent pratiquement pas. L’objectif est nettoyé très rapidement et les Allemands sont maîtrisés ou en fuite. La même opération, pratiquement au même moment, a lieu à côté du pont de Ranville, sur l’Orne. Cette opération est elle aussi un succès. Les troupes du Major Howard doivent désormais faire face à la riposte allemande jusqu’à l’arrivée des renforts.
Ces renforts, une cinquantaine de planeurs, atterrissent vers 3h00 du matin sur la commune de Ranville. (Le terrain d’atterrissage ayant été préparé et balisé par les troupes qui s’étaient emparées des ponts). L’état major de la 6ème Airborne commandée par le Général Gale (1er général britannique à mettre les pieds sur le sol normand) débarque accompagné de près d’un millier d’hommes, de canons antichar, et de jeeps.
A partir de ce moment, la défense des 2 ponts est solidement organisée et l’attaque allemande repoussée. De plus entre midi et 13h00, les commandos de la 1ère brigade débarqués par mer le matin sur la plage de Sword font la jonction avec la 6ème Airborne.

Le 2e raid de la 6e Airborne
Le bataillon du lieutenant-colonel Otway doit s’emparer de la batterie de Merville. Malheureusement pour réaliser ce coup de force, Otway ne dispose plus que de 150 hommes. En effet, près de 500 parachutistes ne sont pas largués sur leur objectif et se retrouvent dispersés dans la campagne normande. Les pertes sont effroyables car beaucoup se noient dans les marais de la Dives volontairement inondés par les Allemands. De plus de nombreux planeurs transportant le matériel lourd tombent dans les eaux de la Manche, ceci en raison de fortes rafales de vent qui provoque la rupture des câbles de remorquage. Vers 4h30, les « bérets rouges » du lieutenant-colonel Otway passent à l’attaque. Un terrible corps à corps s’engage coûtant la vie à la plupart des canonniers allemands et à la moitié des jeunes soldats britanniques.

Secteur américain
Les Américains sont parachutés sur le flanc Ouest, dans le Cotentin sur la zone de Sainte-Mère-Eglise. Les 82e et 101e U.S. Airborne doivent s’emparer de l’arrière pays et des difficiles sorties de plages afin de protéger les hommes qui vont débarquer par mer.

La 101e U.S. Airborne
Lorsqu’ils arrivent au-dessus de leur « drop zone » vers 1h30, les avions transportant les parachutistes de la 101e sont pris sous le feu des canons de la Flak. Essayant d’éviter le danger, les pilotes dépassent leur zone de largage et les conséquences sont catastrophiques pour les parachutistes qui se retrouvent dispersés dans la campagne. 1000 hommes à peine réussissent à se rassembler rapidement et à prendre la batterie allemande de Saint Martin de Varreville. Les 5000 autres se trouvent égarés, commencent une longue nuit d’angoisse dans la campagne du Cotentin.

La 82e U.S. Airborne
La 82e doit sauter de part et d’autre du Merderet et s’emparer du village de Sainte-Mère-Eglise. Dans ce secteur, les Allemands ont inondé les marécages de façon beaucoup plus importantes que ne le laissaient voir les photographies aériennes. De nombreux parachutistes, alourdis par leur équipement, vont ainsi mourir noyés. Un des régiments de cette division va heureusement échapper au désastre et toucher terre à proximité de son objectif. Trop près pourtant pour un groupe qui s’abat au beau milieu de la place du village où une escouade allemande attirée par l’incendie accidentel d’une maison, les anéantit sous les yeux de la population. Le village de Sainte-Mère-Eglise est pris vers 4h30.



Les débarquements par mer


Heures de débarquement
Secteurs
Plages
6 h 30
Utah
Sainte Marie du Mont
6 h 45
Omaha
Vierville, Saint Laurent, Colleville
7 h 25
Gold
La Rivière, Le Hamel
7 h 45
Juno
Saint Aubin, Bernières, Courseulles, Graye, Vaux
7 h 25
Sword
Ouistreham, Riva Bella, Colleville, Hermanville

UTAH BEACH

Utah est le seul des 5 secteurs de débarquement à être situé dans le département de la Manche.

D-Day Utah
La 1ère vague de la 4ème division d’infanterie américaine débarque à Utah vers 6h30. Cette division qui devait débarquer devant les dunes de Varreville, vient s’échouer à près de 2 kilomètres au sud de son objectif, face à La Madeleine, en raison des forts courants côtiers. Cette erreur profite aux américains qui débarquent alors dans un secteur moins bien défendu.

Les tanks DD mis à l’eau arrivent tous sur le rivage (sauf deux), et débloquent les sorties des plages donnant accès vers l’intérieur des terres. Pendant que l’avant garde des troupes progresse et opère vers 13h00 la jonction avec la 101e division aéroportée, le génie procède au déminage de la plage.

Toutes proportions gardées, on peut dire que le débarquement à Utah s’est relativement bien déroulé. Utah est la plage où il y eut le moins de pertes.


OMAHA BEACH

La première vague d’assaut doit débarquer sur la plage à 6h30.

Omaha après la bataille La mer forte, et la longueur du trajet rendent la plupart des hommes malades. Les forts courants côtiers ont le plus souvent déporté les embarcations, qui n’abordent pas à l’endroit prévu. De plus, lorsque les GI’S débarquent à Omaha, ils trouvent face à eux des troupes plus nombreuses et plus solides qu’ils ne pensaient. En effet, ils n’ont pas en face d’eux le régiment de vétérans de la 716e division, mais la 352ème division du Général Kraiss, une unité entraînée et équipée, et dont la présence sur les côtes ne semble pas être parvenue jusqu’à Londres. La Résistance française, notamment calvadosienne, a transmis à Londres, au cours de l’occupation, une multitude de renseignements sur les Allemands. Mais, le réseau Alliance, présent dans le secteur d’Omaha, a été démantelé au printemps 1944, ce qui peut expliquer que pas ou peu d’informations aient été fournies à Londres sur ce changement de troupes.

A cela il faut ajouter que les défenses allemandes, ont échappé aux bombardements aériens et à ceux de la marine. Les hommes de la première vague d’assaut débarquent donc sur une plage où le système défensif allemand est pratiquement intact.

Les hommes tombent par centaines, les péniches s’enflamment et sombrent. Des unités entières sont décimées avant même d’avoir pu toucher la terre ferme. A cause de la houle, les chars amphibies lancés trop loin du rivage, coulent et ne peuvent venir appuyer les unités d’infanterie. Lorsque la 2ème vague d’assaut arrive à 7h00, la première est toujours clouée sur place, ce qui ne fait qu’accroître l’encombrement et la confusion qui règne sur la plage ; car la mer monte, et réduit l’étroite plage où s’entassent les hommes. Elle noie les blessés abandonnés sur place et recouvre les obstacles placés sur la plage qui n’ont pu être enlevés par la première vague d’assaut. Les embarcations voulant éviter les pièges, se télescopent. D’autres explosent sur les mines attachées aux pieux qui sont alors en partie dissimulés par la marée montante.

Vers 8h30, l’envoi de nouvelles vagues de renfort est suspendu à cause de l’engorgement qui règne sur la plage. Heureusement, après ces premières heures tragiques pour les Américains, vers la fin de la matinée, la bataille évolue en leur faveur pour plusieurs raisons :
En effet, des destroyers américains vont s’approcher le plus près possible des côtes et, ils vont mettre hors de combat un bon nombre de positions allemandes. Les hommes désorientés sont repris en main par des officiers énergiques qui réussissent à prendre les Allemands à revers après avoir escaladé les talus.

Enfin, la résistance allemande commence à s’essouffler et leurs renforts n’arrivent pas.

Malgré des pertes encore sévères, les Américains commencent à accéder au plateau qui surmonte la plage ; tandis que le génie débarrasse la plage des obstacles divers, afin de permettre aux véhicules de pénétrer à l’intérieur des vallées. Tout l’après-midi, des troupes et du matériel vont être débarqués sur la plage d’Omaha.


LA POINTE DU HOC

La pointe du Hoc était considérée comme l’ouvrage fortifié le plus dangereux de la zone d’assaut américaine.

En effet, cette batterie d’artillerie pouvait gêner le débarquement à la fois sur les cotes d’Omaha beach et sur celles d’Utah beach. Pour cette raison, les Américains ont décidé qu’en plus des bombardements aériens et navals, une troupe d’assaut serait chargée de prendre la position avant la mise à terre des troupes qui devaient débarquer sur les plages.

Pointe du Hoc
La tâche de prendre d’assaut la pointe est confiée au colonel Rudder et à son 2ème bataillon de Rangers.
Vers 4h30, le matin du 6 juin, les 225 rangers du colonel Rudder partent en direction de la pointe dans 10 péniches d’assaut, accompagnés de 2 péniches de matériel et 4 camions amphibies. Leur arrivée était prévue à 6h30, au moment où cesseraient les tirs de la marine. Cependant, une erreur de navigation, due en partie aux conditions météorologiques, retarde de près de 40 minutes l’opération, ce qui permet aux Allemands de se ressaisir après les tirs de marine. De plus, les Rangers qui se sont éloignés de leur objectif, doivent revenir vers la pointe en longeant les côtes, sous le nez des Allemands. Au cours de la traversée, des péniches et des camions ont déjà fait naufrage.

A 7h10 seulement, les Rangers mettent pied à terre, et attaque la côte est de la pointe du Hoc. (Ils auraient dû attaquer de chaque côté de la pointe, s’il n’y avait pas eu erreur de navigation.) L’escalade commence de toutes parts grâce à des lances fusées propulsant des grappins attachés à des cordes à nœuds. Les Allemands, au bord de la falaise, lancent des grenades, tirent à la mitraillette et tentent de couper les cordes. Au bout de 20 minutes, les 150 rangers encore valides ont escaladé la falaise et se trouvent au sommet de la pointe, cherchant au milieu du chaos leur objectif.

Dans leur progression, les rangers découvrent une surprise de taille. Aucun canon ! Ni dans les casemates, ni dans les cuves bétonnées. A leur place, de gros madriers en bois couverts de filets pour mieux dissimuler le subterfuge. Après les bombardements aériens d’avril 1944, les Allemands avaient déplacé de nuit les canons pour les dissimuler à 1km à l’intérieur des terres dans un petit chemin bordé de haies. Un groupe de rangers part à la recherche des canons et les détruit. Pendant ce temps, les rangers restés sur le site mènent un combat sanglant avec les Allemands. Le siège va ainsi durer jusqu’au matin du 8 juin 1944.

Sur les 225 rangers embarqués pour réaliser l’assaut de la pointe le matin du 6 juin, 135 ont été tués, blessés, portés disparus ou faits prisonniers. Seuls 90 étaient encore aptes au combat le matin du 8 juin 1944, lorsque des renforts arrivèrent.


GOLD BEACH

La prise du secteur Gold a été confiée à la 50ème division britannique dont la première vague débarque à 7h30

Une heure après les premières vagues des plages américaines, ceci en raison des heures de marée. La plage de débarquement proprement dite ne couvre que les 5 kilomètres allant de Asnelles à Ver sur Mer.

Les objectifs de cette division sont triples :
- prendre Bayeux,
- barrer la route principale Bayeux Caen, aux chars allemands se dirigeant vers les plages américaines,
- opérer la jonction avec les Américains à Port en Bessin.

Comme sur les autres plages de débarquement, on assiste à des drames et à des scènes d’horreur comme des péniches qui sautent sur des mines ou des blessés qui sont écrasés par des chars. Cependant, la situation est loin d’être aussi catastrophique que sur la plage voisine d’Omaha.

En effet, les Britanniques bénéficient de plusieurs conditions favorables.
- La première vient du paysage peu accidenté. En effet, les britanniques se trouvent face à des plages totalement différentes de celles des américains : pas de falaises, ni de lagunes, mais un terrain plat avec un léger surplomb des plages.
- La deuxième, c’est que les Britanniques n’ont pas hésité à débarquer avec différentes sortes de chars, qui vont venir appuyer les troupes d’infanterie.

Et enfin, la dernière est qu’ils ont face à eux la 716ème division d’infanterie allemande ; une division mal équipée, composée de vétérans.

C’est à Asnelles, au Hamel, que la résistance allemande réussit à stopper l’avancée des alliés vers Arromanches. Cependant, plus à l’Est, les britanniques rencontrent moins de difficultés, car le secteur est tenu par des russes, dont la plupart enrôlés de force dans cette armée, préfèrent fuir ou se constituer prisonniers, plutôt que de combattre.
Les batteries de Ver sur Mer qui ont été fortement endommagées lors du bombardement aérien de la nuit précédente ne montrent que très peu de résistance. Les batteries de Longues qui peuvent atteindre aussi bien Gold que Omaha, sont quant à elles, neutralisées dans la soirée.


JUNO BEACH

Pour les Allemands, une opération amphibie dans ce secteur était impossible à cause de la présence des récifs en avant du rivage.

C’est sans doute pour cette raison que sur cette portion de littoral, le mur de l’atlantique est faible. Entre Courseulles et Saint Aubin, il n’y a aucune position d’artillerie comme celles de Longues ou celles de la pointe du Hoc, les plus près se situent à Ver sur Mer ou à Ouistreham, dans l’estuaire de l’Orne (dans le secteur de Sword).
Cette portion de littoral comprise entre Saint Aubin et Graye sur Mer est défendue par la 716ème division d’infanterie allemande, commandée par le Général Richter. Cette division, âgée, est mal équipée et peu mobile.

La plage de Juno a été attribuée aux Canadiens de la 3ème division d’Infanterie du général Keller.
La mission des Canadiens : nettoyer la plage, se diriger vers Caen jusqu’à la route Caen-Bayeux, prendre l’aérodrome de Carpiquet et réaliser la jonction avec les 2 plages britanniques voisines.

Prévu vers 7h30, le débarquement sur la plage est retardé d’une dizaine de minutes, à cause de la houle. Cela donne le temps aux Allemands de se ressaisir après les bombardements de l’artillerie de marine. De plus, pendant ce temps, la mer recouvre un grand nombre d’obstacles minés placés sur la plage provoquant alors le naufrage de nombreuses péniches de débarquement qui ne les voient plus et n’arrivent pas à les éviter.

Les combats les plus acharnés ont lieu autour du port de Courseulles transformé par l’occupant en un solide point d’appui. Devant Bernières et Saint Aubin, les fantassins doivent livrer seuls un combat violent, car ils sont privés de l’appui des chars amphibies lancés trop loin du rivage et qui sombrent au cours de la traversée. La commune de Bernières est libérée en fin de matinée et le général Keller y installe son P.C.


SWORD BEACH

Sword beach a été affectée à la 3ème division britannique du général Rennie.

A 7h25, la moitié des chars et l’infanterie abordent les plages, après avoir subi la forte houle. Le gros des troupes attaque au centre, devant Hermanville et Colleville, délaissant dans l’immédiat les ailes puissamment fortifiées du secteur. La traversée de la grève est terrible. Mais, en dépit de pertes sévères, en hommes comme en blindés, les troupes britanniques réussissent à percer à « la Brèche ».

Les bérets verts du commando n°4 de la 1st Special Service Brigade de Lord Lovat ont reçu la mission de prendre à revers le redoutable système défensif mis en place par les Allemands devant Ouistreham. Au sein de ce commando n°4, se trouvent les 177 hommes du 1er bataillon de fusiliers marins français du commandant Philippe Kieffer. Lorsqu’ils se regroupent dans les ruines d’une colonie de vacances, après avoir débarqué à Colleville et avant d’attaquer leur objectif dans Ouistreham, une trentaine d’entre eux manquent déjà à l’appel. Les Français laissent leurs camarades britanniques neutraliser la batterie située de l’autre côté du canal. Ils se chargent de prendre l’ancien casino, détruit par les Allemands et à la place duquel ces derniers ont érigé un bunker. Malgré deux blessures, Philippe Kieffer, juché à côté de la tourelle d’un char DD (Duplex Drive) réquisitionné non loin de là, mène l’assaut sur le casino.Quelques obus bien placés sur le canon du casino le font taire ; et les commandos donnent l’assaut.

La libération d’Hermanville est effectuée par le South Lancashire Regiment.
Colleville est libéré par le Suffolk Regiment.
Et Ouistreham est libéré par l’East Yorkshire Regiment et le Royal Marine Commando n°4.

Une fois la libération de Ouistreham achevée, le commando n°4 se dirige vers le pont de Bénouville afin de renforcer les troupes de la 6ème division aéroportée. Quant à la 3ème division d’infanterie britannique, elle s’engage en direction de Caen, et piétine devant les hauteurs de la crète de Periers.



Au soir du Jour J

  • Utah : La 4ème division a réalisé sa jonction avec les parachutistes de la 101e. Le sort des hommes de la 82e est plus préoccupant.
  • Omaha : La zone conquise est bien inférieure aux objectifs prévus. Le prix payé pour ce maigre résultat est dramatique. Les pertes s’élèvent à 2 500 tués et blessés. Omaha est désormais baptisée Bloody Omaha c’est à dire Omaha la sanglante. C’est la plage où il y a eu le plus de pertes le 6 juin 1944. La 352e division allemande de son côté a perdu 1 200 hommes.
  • Gold : La 50ème division britannique est parvenue aux portes de Bayeux et d’Arromanches.
  • Juno : Les Canadiens ont atteint Villons-les-Buissons, mais ils n’ont pu prendre l’aérodrome de Carpiquet. Jusqu’au début du mois de juillet, les Canadiens ne réussiront pas à poursuivre leur avance. En effet, ils vont se heurter, pendant 3 semaines, à la 12ème Panzer SS Hitlerjugend dirigée par Kurt Meyer et dont le P.C. était établi à l’abbaye d’Ardenne.
  • Sword : La 1ère brigade de Lovat a gagné le pont de Bénouville pour apporter son soutien à la 6ème Airborne. La 3ème division quant à elle, se dirige vers Caen et se retrouve bloquée face aux Allemands qui ont eu le temps de réaliser un solide barrage en avant de la ville. Il faudra alors un mois aux Anglais pour pénétrer à Caen. Le 6 juin à minuit, plus de 150 000 soldats alliés, dont 23 000 parachutistes, ont pris pied sur le sol normand, soutenus par 20 000 véhicules de toutes tailles. Moins de 10 000 hommes (tués, blessés ou capturés) ont été perdus, ce qui est inférieur aux prévisions. Certes tous les objectifs n’ont pas été atteints, mais dans l’ensemble, l’opération est une réussite.

Seules les têtes de Gold et Juno ont réalisé leur jonction. La jonction de l’ensemble des têtes de pont du Calvados a lieu le 8 juin. Quatre jours plus tard, la liaison est établie avec Utah.

Il restait alors aux Alliés à consolider cette bande littorale, puis à percer en direction du sud.

Débute alors la Bataille de Normandie, qui durera près de trois mois.
Carte : au soir du jour J

Cette liberté a un prix élevé : elle coûta la vie à de nombreux soldats venus se battre à des kilomètres de chez eux, elle coûta également la vie à 20 000 civils pris sous les bombardements qui détruisirent un grand nombre de villes et villages normands.

Stèles cimetière américain