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Pierre Daure (1892-1966)

 

Ancien élève de l’école normale supérieure de la rue d’Ulm, auteur d’une thèse sur la diffusion de la lumière, Pierre Daure est un physicien de haut niveau. Il est professeur de Sciences à l’université de Bordeaux lorsqu’il est nommé, en 1937, recteur de l’académie de Caen.

Pendant l’Occupation, le recteur Daure ne cache pas son hostilité envers l’occupant et le régime du maréchal Pétain. Comme le délégué à l’Information de Vichy lui reproche son laxisme à l’égard des lycéens et étudiants frondeurs, il répond sans ambages : « Ils sont magnifiques ces enfants. Ils font preuve d’un véritable patriotisme en manifestant de cette manière leur haine contre les Allemands ».

Quelques autres incartades, notamment son refus d’appartenir au Comité de propagande sociale du Maréchal, lui valent de se retrouver dans le collimateur du ministre de l’Intérieur, Pierre Pucheu, qui écrit à son collègue de l’Education nationale Carcopino : « J’estime que sa révocation s’impose. Le camp de concentration le guette d’un instant à l’autre ».

 

Démis de ses fonctions en décembre 1941, Pierre Daure se retire dans le village de Hubert-Folie, près de Caen, et ne tarde pas à nouer des liens avec la Résistance sous le pseudonyme de « Monsieur Denis ».

Désigné par de Gaulle comme futur préfet du Calvados, il prend ses fonctions dès le 10 juillet 1944, lendemain de la libération de Caen.

En 1946, Pierre Daure quitte la préfecture du Calvados. Après un bref passage à la direction de l’enseignement supérieur à Paris, il reprend son poste de recteur et, dès lors, se voue à ce qui sera la grande œuvre de sa vie, la reconstruction de l’université de Caen, détruite en 1944 et inaugurée treize ans plus tard, en 1957.

© Jean QUELLIEN, Professeur émérite, Université de Caen-Normandie