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Verrier Georgette

 
Henri CRAZOVER, Georgette VERRIER et Berthe EIDELMAN en 1943 à la ferme de courcy

Les Justes

Mme Georgette Verrier
Date de naissance : 15/06/1906
Date de décès : 05/10/1992
Profession : Blanchisseuse, fermière, mère de 2 enfants
Particularité : Information non disponible

Localisation

Localite : Courcy
Département : Calvados
Région : Basse-Normandie
Pays : France

Personnes sauvées

M. Henri Crazover

Mme Berthe Edeilman

 

L’histoire

A la déclaration de la guerre, Georgette Verrier habitait Nanterre (Hauts-de-Seine) avec Maurice, son mari, et leurs deux enfants, René et Jeannine. Elle était blanchisseuse et Maurice exerçait le métier de charcutier. Georgette, dont le père était mort au champ d’honneur pendant la Guerre de 1914-1918, avait été adoptée et élevée par Blanche Calloy, gardienne de l’immeuble à Paris où habitait la famille Crazover.

Ce fut ainsi que dans le courant des années trente le couple Crazover, des Juifs d’origine roumaine, fit connaissance de Georgette. En 1941, après la première vague d’arrestation de Juifs étrangers, elle avait proposé d’elle-même à M. Crazover d’héberger chez elle à Nanterre son fils Henri, 2 ans, ainsi que sa nièce Berthe Eidelman, 4 ans, de sorte que leurs parents puissent se cacher plus facilement. Ils avaient accepté et s’étaient réfugiés en zone sud.

Bientôt, par suite de la pénurie alimentaires dans les grandes villes, la famille Verrier partit s’installer à Courcy (Calvados) où la mère adoptive de Georgette avait un neveu fermier qui les accueillit. Georgette emmena avec elle ses deux protégés, Henri et Berthe. Ils faisaient partie de la famille et elle continua à les élever comme ses propres enfants, les siens étant déjà des adolescents de 16 ans. Scolarisés, ils fréquentaient l’école Saint-Jeanne d’Arc située derrière la ferme. Ils avaient gardé leur vrai nom mais furent baptisés par précaution. Rémy, le neveu de Blanche Calloy, devint le parrain de baptême d’Henri car à ce moment-là le mari de Georgette avait été requis pour le STO en Allemagne. Quand les Allemands venaient se ravitailler à la ferme, ce qui était assez fréquent, René était chargé de cacher les petits à l’étage et de veiller à ce qu’ils ne se fassent pas remarquer.

Comme la région fourmillait d’Allemands, les risques pris par Georgette et sa famille étaient énormes mais ils bénéficièrent de la complicité des voisins. Henri a témoigné que depuis l’âge de 18 mois et jusqu’à 5 ans 1/2, Georgette fut pour lui « la seule maman qu’il ait connue » et lui sauva la vie.

Le 5 septembre 2005, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Georgette Verrier le titre de Juste parmi les Nations.

Le témoignage

Emigrés de Roumanie et d’Israül, Meer Struli Crasover et Eiolla Skornik sont arrivés à Paris en 1938. Ils s’y sont mariés et leur fils est né l’année suivante. La famille loge chez un frère de Meer, rue Antoinette, dans le XVIIIème arrondissement. Ils font la connaissance de la fille adoptive de la gardienne ; Georgette Verrier, qui exerce alors le métier de blanchisseuse. En 1940, le mari de Georgette est fait prisonnier et il va rester en Allemagne jusqu’à la fin de la guerre. Dans le but de les protéger, Henri et sa cousine Berthe sont envoyés vivre chez Georgette à Nanterre dès septembre 1940 puis, en 1941, à Courcy dans le Calvados, dans la ferme parentale – ancienne et fortifiée – tenue par Rémy Calley. Les deux enfants sont très bien traités, nourris et protégés. Ils vont à l’école sous leur vrai nom mais, par précaution, ils sont baptisés. Ils sont bien cachés lors des incursions d’Allemands dans la ferme. Ils bénéficient de la complicité passive de tout le village. En dépit de son très jeune âge à l’époque, Henri garde des souvenirs vivaces de son long séjour à la ferme, en particulier une chute dans une mare emplie de vase et puis le débarquement des alliés. Ils vont recevoir une seule fois la visite de la mère de Berthe, Masséa, qui prit tous les risques pour visiter les enfants. De leur côté, les parents d’Henri, cachés à Lyon, vont se séparer.


When war broke out, Georgette Verrier was living in Nanterre (Hauts-de-Seine) with her husband Maurice and their two children, René and Jeannine. Georgette was a laundress and Maurice was a pork butcher. Georgette, whose father had died on the field of battle in the 1914-1918 War, had been adopted and raised by Blanche Calloy, the caretaker of the building in Paris where the Crazover family lived.

This was how Meer and Eiolla Crazover, who were Jews of Romanian origin, had met Georgette in the 1930s. In 1941, after the first wave of arrests of foreign Jews, she suggested to Mr. Crazover that she take his two-year-old Henri and his four-year-old niece, Berthe Eidelman, to live with her in Nanterre, so that their parents could hide more easily. Georgette’s husband had already been conscripted for the Forced Labor Service (STO) in Germany.

The Crazovers agreed, and sought refuge in the southern zone. Soon afterward, due to food shortages in the cities, the Verrier family moved to Courcy (Calvados), where Georgette’s adoptive mother had a farmer nephew ready to take them in. Georgette brought her wards Henri and Berthe along with her. They were part of the family and she continued to raise them as part of her family Together with her own children who were 16 years old at the time. Henri and Berthe went to the Sainte-Jeanne d’Arc School, located behind the farm. They kept their real names but were baptized as a precaution. Blanche Calloy’s nephew Réné became Henri’s baptismal godfather. When the Germans came to get provisions at the farm, which happened often, René was responsible for hiding the children upstairs and making sure they stayed out of sight. As the region was crawling with Germans, the risk taken by Georgette and her family was enormous, but they benefited from the silent support of their neighbors. From the age of 18 months to over five years, Georgette was the only mother Henri had known.

On September 5, 2005, Yad Vashem recognized Georgette Verrier as Righteous Among the Nations.

Source : Le comité Français pour Yad Vashem